Différences entre les versions de « Eugen Böhm-Bawerk:Une nouvelle théorie sur le capital »

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Une théorie sur le capital ! Dès le premier mot, voici la difficulté que nous rencontrons : le mot « capital », dans la science, a non pas une, mais deux significations, et comme chacune d'elles ouvre un cycle nouveau de phénomènes et de problèmes que la théorie doit expliquer, il ne saurait y avoir une seule théorie sur deux choses différentes qui sont désignées tout à fait fortuitement sous ce nom équivoque de « capital ». Je m'explique : il y a un certain capital qui joue un rôle dans la théorie de la production et qu'on a coutume de désigner comme un des trois facteurs de la production; il y a un autre capital qui joue un rôle dans la théorie de la répartition des biens, le capital qui rapporte un profit ou intérêt. Mais le capital facteur de production n'est nullement identique avec le capital qui rapporte un intérêt. Une maison, par exemple, ou un cabinet de lecture, rapportent à leurs propriétaires des intérêts, quoique ces biens n'aient assurément rien à faire avec la production.
'''L'article suivant a pour but d'exposer brièvement au public français les idées fondamentales de mon ouvrage : ''Théorie positive du capital'' (Innsbrück, 1889, 467pp.), publié récemment. Cet ouvrage est la continuation et la fin d'un ouvrage plus étendu : ''Capital et Intérêt'', dont la première partie, contenant : « ''L'Histoire et la critique des théories sur l'intérêt'' », a paru en 1884 (Voy. le compte-rendu de cet ouvrage par St-Marc dans le dernier numéro de la ''Revue d'économie politique''.'''
 
Une théorie sur le capital ! Dès le premier mot, voici la difficulté que nous rencontrons : le mot « capital », dans la science, a non pas une, mais ''deux'' significations, et comme chacune d'elles ouvre un cycle nouveau de phénomènes et de problèmes que la théorie doit expliquer, il ne saurait y avoir ''une seule théorie'' sur ''deux choses différentes'' qui sont désignées tout à fait fortuitement sous ce nom équivoque de « capital ». Je m'explique : il y a un certain capital qui joue un rôle dans la théorie de la ''production'' et qu'on a coutume de désigner comme un des trois facteurs de la production; il y a un autre capital qui joue un rôle dans la théorie de la ''répartition'' des biens, le capital qui rapporte un profit ou intérêt. Mais le capital facteur de production n'est nullement identique avec le capital qui rapporte un intérêt. Une maison, par exemple, ou un cabinet de lecture, rapportent à leurs propriétaires des intérêts, quoique ces biens n'aient assurément rien à faire avec la production.


La conséquence qui en résulte est si simple et se présente si naturellement à l'esprit qu'on pourrait croire qu'elle n'a pu échapper à personne, et cependant elle a passé inaperçue de tous nos prédécesseurs. Si ce qu'on appelle capital dans la théorie de la répartition se compose de biens tous différents de ce qu'on appelle capital dans la théorie de la production, il est bien évident que les fonctions qu'exerce celui-là et les effets qu'il produit, par exemple, la capacité de produire intérêt, ne doivent pas être expliquées par des qualités ou forces qui n'appartiennent qu'à celui-ci; de même que si deux personnes portent le même nom, celui d'Alexandre par exemple, il ne faudrait pas conclure de ce que Alexandre I trébuche, qu'Alexandre II est myope ou maladroit.
La conséquence qui en résulte est si simple et se présente si naturellement à l'esprit qu'on pourrait croire qu'elle n'a pu échapper à personne, et cependant elle a passé inaperçue de tous nos prédécesseurs. Si ce qu'on appelle capital dans la théorie de la répartition se compose de biens tous différents de ce qu'on appelle capital dans la théorie de la production, il est bien évident que les fonctions qu'exerce celui-là et les effets qu'il produit, par exemple, la capacité de produire intérêt, ne doivent pas être expliquées par des qualités ou forces qui n'appartiennent qu'à celui-ci; de même que si deux personnes portent le même nom, celui d'Alexandre par exemple, il ne faudrait pas conclure de ce que Alexandre I trébuche, qu'Alexandre II est myope ou maladroit.
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