catallaxia:Citations du jour/septembre

De Catallaxia

Citations du mois de septembre.


[modifier]1 septembre


« Notre impitoyable maître n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, et n’a autre chose que ce qu’a le moindre homme du grand et infini nombre de nos villes, sinon l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux, dont il vous épie, si vous ne les lui donnez ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? Comment a-t-il aucun pouvoir sur vous, que par vous ? »

Étienne de La Boétie
[modifier]2 septembre


Un sophisme profond vicie toutes les théories de l’Etat comme contrat social : c'est l’idée que l’on est lié et obligé par un contrat fondé sur une promesse. Ainsi, il suffirait que tous les individus dans l’état de nature abandonnent leurs Droits aux mains de l’Etat - ce qui est déjà, en soi, une hypothèse héroïque... -, et le théoricien du contrat social considèrera cette promesse comme contraignante jusqu’à la fin des temps. Or, selon la vraie théorie des contrats, (...) seul est valide (et donc obligatoire) le contrat où s'échange une chose qui, en fait, est philosophiquement aliénable, ce qui n’est vrai que de titres particuliers de propriété ; tandis que, au contraire, d’autres attributs de l’homme, en l’occurrence l’auto-propriété qu’il exerce sur sa volonté et sur son corps ainsi que les Droits de la personne et de la propriété qui en découlent, sont inaliénables et donc non transférables par voie de contrat exécutoire. Si personne ne peut céder sa volonté, son corps ou ses Droits par voie de contrat obligatoire, alors a fortiori on ne peut céder les Droits ou les personnes de sa postérité.

Murray Rothbard
[modifier]3 septembre


Ceux qui soutiennent que le peuple est la seule source légitime du pouvoir, – que l'autorité législative n'est pas originale, mais déléguée, – ceux-là ne sauraient nier le droit d'ignorer l'État sans s'enfermer dans une absurdité. De même qu'un gouvernement ne peut justement agir pour le peuple que lorsqu'il y est autorisé par lui, de même il ne peut justement agir pour l'individu que lors qu'il y est autorisé par lui.

Herbert Spencer
[modifier]4 septembre


« Le peuple, dit Rousseau, est souverain sous un rapport et sujet sous un autre : mais dans la pratique, ces deux rapports se confondent. Il est facile à l'autorité d'opprimer le peuple comme sujet, pour le forcer à manifester comme souverain la volonté qu'elle lui prescrit. »

Benjamin Constant
[modifier]5 septembre


« Si le contrat social est indispensable parce que les individus ne tiennent pas leurs promesses dans l'état de nature, pourquoi alors respecteraient-ils ce contrat-là ? Ou bien les gens ont généralement intérêt à exécuter leurs contrats, et un grand contrat social est inutile; ou bien, l'intérêt personnel les pousse à violer leurs promesses, et le contrat social est impossible. Impossible ou extrêmement dangereux. En effet, une fois l'État souverain créé par le contrat social, qu'est-ce qui l'incitera à se cantonner dans son rôle de police du contrat? Le dilemme de l'état de nature revient au galop avec, cette fois-ci, la confrontation entre un Léviathan tout-puissant et une population désarmée. »

Pierre Lemieux
[modifier]6 septembre


« Si une portion considérable de la population estime que la Constitution est bonne, pourquoi ces gens ne la signent-ils pas, ne font-ils pas des lois pour eux-mêmes, qu'ils s’appliqueront les uns aux autres, laissant en paix les autres personnes (qui ne les troublent en rien)? Tant qu'ils ne l'ont pas expérimentée sur eux-mêmes, comment ont-ils l'audace d'imposer ou seulement de recommander la Constitution à autrui ? Manifestement, la raison de cette conduite si absurde et incohérente est que, s'ils soutiennent la Constitution, ce n'est pas seulement en vue de tout usage honnête et légitime pour eux-mêmes et les autres, mais en vue du pouvoir malhonnête et illégitime qu'elle leur donne sur la personne et les biens d'autrui. Sans cette dernière raison, tous leurs éloges de la Constitution, toutes leurs exhortations, tout l'argent et le sang qu'ils dépensent pour la soutenir n’existeraient pas. »

Lysander Spooner
[modifier]7 septembre


« Je déclare être un individu souverain à qui personne n'a le droit moral d'imposer quoi que ce soit sans son consentement, à part l'obligation générale de respecter la souveraineté égale des autres individus. Je déclare donc que, à l'instar de M. Henry David Thoreau, "je ne veux être considéré membre d'aucune société à laquelle je n'ai pas adhéré" (La Désobéissance civile, 1849). Cette déclaration s'adresse à tout individu, maître-esclavagiste, groupe, mafia ou État qui prétendrait m'imposer des charges auxquelles je n'ai pas consenti soit dans mon intérêt, soit comme contribution libre et volontaire au bien commun. »

Pierre Lemieux
[modifier]8 septembre


« Comment reconnaît-on un communiste ? Eh bien, c'est quelqu'un qui lit Marx et Lénine. Et comment reconnaît-on un anti-communiste ? C'est quelqu'un qui a compris Marx et Lénine. »

Ronald Reagan
[modifier]9 septembre


« En France l'esclavage a été aboli une première fois en 1794 sous la pression inlassable de Condorcet, l'Abbé Grégoire, et La Fayette, qui étaient tous des libéraux. Rétabli par Napoléon, il a de nouveau été aboli en 1848 grâce aux efforts non moins inlassables d'autres libéraux, en l'occurrence Tocqueville, Montalembert, et Victor Schoelcher. »

Jacques de Guenin
[modifier]10 septembre


« Le but de l’économie est d’infuser de l’être au sein de l’avoir. Le but et la grandeur de l’économie est d’humaniser la matière. »

Christian Michel
[modifier]11 septembre


« Le droit naturel s'entend de deux manières. D'une part, il s'agit d'un produit de l'ordre spontané, d'une loi naturelle qui se découvre par un processus de développement spontané du droit à la manière de la Common Law britannique. D'autre part, le droit naturel anarcho-capitaliste réfère aussi à un ensemble de principes fondamentaux – des principes lockéens chez Rothbard – accessibles à la raison et sur la base desquels peut ensuite s'arranger le développement spontané des règles de droit. Autrement dit, le développement du droit relèverait de la jurisprudence des tribunaux privés qui découvriraient la loi et corrigeraient le droit coutumier à lumière des principes rationalistes du droit libertarien. De là, selon Rothbard, résulterait un « code de lois » dérivé à la fois du droit coutumier et de l'éthique rationaliste libertarienne. »

Pierre Lemieux
[modifier]12 septembre


« Mancur Olson écrit que « toutes choses égales par ailleurs, un criminel se trouve mieux dans une société riche que dans une société pauvre : il y a plus de choses à voler ». Mais, par ailleurs, chaque crime réduit la prospérité de la société et donc aussi le montant susceptible d’être volé. Point dont le voleur ne se soucie bien sûr pas du tout, qui continuera à voler tout ce qu’il peut, là où il peut, en escomptant qu’il ne sera pas pris la main dans le sac. La mafia, elle, a une attitude plus « conséquente » : elle a intérêt à ce que la population qu’elle rackette s’enrichisse, car, plus riche celle-ci sera, plus haut sera le prix auquel elle pourra vendre sa protection. En conséquence (le racket étant mis à part), le monopole exercé par une mafia aboutit à peu de crime ou à pas de crime du tout. Autrement dit, tandis que le bandit individuel prend 100% de la somme qu’il trouve dans la poche de sa victime, la « taxe » que le mafieux prélève sur la population sera toujours inférieure à ce pourcentage, car elle veut être sûre que les gens vont continuer à produire. »

Philippe Simonnot
[modifier]13 septembre


« Défendre le gouvernement, c’est défendre l’esclavage. Défendre le gouvernement limité, c’est se mettre dans la situation ridicule de défendre l’esclavage limité. »

Linda & Morris Tannehill
[modifier]14 septembre


« De même qu'on ne saurait parler de morale devant les pièces solidaires d'une mécani­que, il n'y a pas de place pour la morale dans la solidarité forcée sociale-démocrate. La morale se situe dans l'engagement personnel, et la solidarité s'y appelle alors amour et charité. »

Christian Michel
[modifier]15 septembre


« Le droit naturel comporte et favorise de multiples processus d'auto-régulation et de correction des erreurs. C'est grâce aux erreurs que, dans la nuit de l'ignorance et du doute, les hommes progressent. »

Patrick Simon
[modifier]16 septembre


« la politique est (...) le moyen qui permet de faire payer par tous les peurs et les coûts qui ne sont que ceux des plus puissants. C’est le rôle et la fonction de l’État. »

Christian Michel
[modifier]17 septembre


« Un "droit" est un principe moral qui définit et sanctionne la liberté qu'une personne a d'agir dans un contexte social. Il n'existe en ce sens qu'un Droit fondamental (tous les autres ne sont que ses conséquences ou ses corollaires) : le Droit d'un homme de posséder sa propre vie. (...) Ce qui signifie : le Droit de faire tout ce qui est nécessité par la nature d'un être rationnel pour le maintien, la promotion, l'accomplissement et la réussite de sa propre vie. »

Ayn Rand
[modifier]18 septembre


« La loi vraie est la raison juste en accord avec la Nature ; elle est d'application universelle, invariable et éternelle ; elle invite au devoir par ses commandements et détourne du mauvais chemin par ses interdictions. Les lois ne seront pas différentes à Rome ou à Athènes, et elles ne différeront pas d'un jour à l'autre : une seule loi éternelle et invariable sera valide pour toutes les nations et en tout temps. »

Cicéron
[modifier]19 septembre


« Chaque contribuable est quelqu'un qui travaille au profit du gouvernement sans être astreint à passer les concours des fonctionnaires. »

Ronald Reagan
[modifier]20 septembre


« Si libérales qu'elles aient été, les deux Déclarations [de 1789 et 1793 ] (...) ont admis une souveraineté, celle de tout le monde. C'était créer un despotisme, c'était remplacer un despotisme, relatif, par un autre, radical. Les Français, monarchistes jusqu'aux moelles, ont immédiatement transposé. Ils ont pris la Révolution pour une transposition. Toute la souveraineté qui était dans le roi et un peu plus et beaucoup plus, ils l'ont attribué à tout le monde. (...) Le monarchisme royal est devenu un monarchisme populaire. La Révolution s'est trouvée réduite à un changement de despotisme. On peut se demander quelquefois si c'était la peine de la faire. »

Emile Faguet
[modifier]21 septembre


« Dans l’ordre complexe de la société, les résultats de l’action des hommes diffèrent grandement de ce qu’ils ont visé [...] les individus, en poursuivant leurs propres fins, qu’elles soient égoïstes ou altruistes, produisent des résultats bénéfiques aux autres hommes, résultats qu’ils n’avaient pas anticipés et qu’ils ignorent même peut-être. »

Friedrich A. Hayek
[modifier]22 septembre


« Rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, il est évident et parfaitement sensé de parler de lois et de décisions injustes. En portant de tels jugements, nous impliquons qu'il y a un étalon du juste et de l'injuste qui est indépendant du droit positif et qui lui est supérieur: un étalon grâce auquel nous sommes capables de juger du droit positif. »

Leo Strauss
[modifier]23 septembre


« Les défenseurs de l’Etat, y compris les philosophes aristotéliciens et thomistes classiques, sont tombés dans cet énorme non sequitur qui consiste à sauter de la nécessité de la société à la nécessité de l’Etat. Alors qu’en fait, comme nous l’avons montré, l’Etat est un facteur anti-social qui empêche l’échange volontaire entre les hommes, la créativité individuelle et la division du travail. La "société" est une étiquette commode pour décrire la libre interaction entre les personnes dans les échanges volontaires. Il convient ici de rappeler la distinction éclairante établie par Albert Jay Nock entre le "pouvoir social", fruit de l’échange volontaire qui caractérise l’économie et la civilisation, et le "pouvoir étatique", qui consiste dans l’interférence coercitive et l’exploitation de ces avantages. »

Murray Rothbard
[modifier]24 septembre


« Le droit naturel des hommes diffère du droit légitime ou du droit décerné par les lois humaines, en ce qu'il est reconnu avec évidence par les lumières de la raison, et que par cette évidence seule, il est obligatoire indépendamment d'aucune contrainte ; au lieu que le droit légitime limité par une loi positive, est obligatoire en raison de la peine attachée à la transgression par la sanction de cette loi, quand même nous ne la connaîtrions que par la simple indication énoncée dans la loi. »

François Quesnay
[modifier]25 septembre


« Le problème n'est pas que les gens ne payent pas assez d'impôts, le problème est que le gouvernement dépense trop. »

Ronald Reagan
[modifier]26 septembre


« Le Droit de jouir de la liberté est inaliénable (...) Chaque homme a un Droit sur son propre corps, sur le produit de son travail, et d’être protégé par la loi (...) toutes ces lois en vigueur qui consacrent l’esclavage sont donc, devant Dieu, totalement nulles et sans effet (...) et par conséquent (...) il faut les abroger sur-le-champ. »

William Lloyd Garrison, 1833
[modifier]27 septembre


« Aucun homme libre ne sera saisi, ni emprisonné ou dépossédé de ses biens, déclaré hors-la-loi, exilé ou exécuté, de quelque manière que ce soit. Nous ne le condamnerons pas non plus à l’emprisonnement sans un jugement légal de ses pairs, conforme aux lois du pays. »

Magna Carta de 1215
[modifier]28 septembre


« L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: "Moi, l'État, je suis le Peuple." »

Friedrich Nietzsche
[modifier]29 septembre


« Un homme peut aliéner les services de son travail, mais il ne peut pas vendre la valeur future actualisée de l’ensemble de ses services à venir. Autrement dit, la nature étant ce qu’elle est, il ne peut pas se vendre en esclavage et faire exécuter cette vente, car cela voudrait dire qu’il abandonne à l’avance le contrôle même de sa volonté sur sa propre personne.

L’homme peut naturellement faire profiter quelqu’un d’autre de son travail actuel mais il ne peut pas, même s’il le voulait, se transformer sans retour en un bien de capital appartenant à quelqu’un d’autre. Car il ne peut pas par lui-même se débarrasser de sa propre volonté, qui pourrait bien changer d’idée dans l’avenir et désavouer son choix actuel. Le concept d'"esclavage volontaire" est bien, en effet, antinomique : le travailleur qui est complètement mais volontairement soumis à la volonté de son maître n’est pas encore un esclave puisque sa soumission est consentie ; alors que s’il changeait d’avis plus tard et que son maître lui imposât l’esclavage par la force, l’ esclavage ne serait pas volontaire. »

Murray Rothbard
[modifier]30 septembre


« Le concept de droit naturel, contre lequel toute la jurisprudence moderne a réagi, est la conception rationaliste pervertie qui interprétait le droit naturel comme une construction déductive de la "raison naturelle" plutôt que comme le résultat imprévu d'un processus de croissance dans lequel le test servant à déterminer ce qui est juste n'est pas la volonté arbitraire de quiconque, mais la compatibilité avec tout un système de règles héritées mais partiellement désorganisé. »

Friedrich A. Hayek